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TÉMOIGNAGES : RECITS DE CRÊCHE

 

Le Zig Mag a questionné les pa­rents sur leur expé­rience précédente dans d’autres types de crèche et sur leur étonnement quant au fonctionnement d’une crèche associative à gestion parentale.

 

ZM : Lucile (maman d’Ada et de Mado) a expérimenté une autre crèche associative pour sa première fille.

La crèche où était gardée ma première fille accueillait les enfants à partir d’un an. Or, pour des raisons profes­sionnelles, nous ne pouvions pas garder Mado à la maison jusque-là. Nous avons donc préféré ne pas passer par une solution intermédiaire afin d’éviter trop de chan­gements pour elle. Connais­sant déjà Zig Zag, son arri­vée dans la crèche s’est faite naturellement.

L’autre crèche avait un côté très familial, avec une proximité assez forte entre l’équipe professionnelle et les parents. Les relations étaient très imbriquées et la participation des parents très importante. Chez Zig Zag, les rôles entre les pro­fessionnelles, l’équipe de di­rection et les parents sont davantage structurés, ce qui crée un cadre un peu plus distinct. Ces deux fonction­nements ont chacun leurs qualités.

Dans la première crèche, la relation avec les enfants pouvait parfois être très proche et très investie affec­tivement, ce qui participait aussi à l’ambiance chaleu­reuse du lieu. L’arrivée d’une nouvelle directrice en cours d’année a permis d’ouvrir davantage de discussions autour des pratiques péda­gogiques et de réfléchir à l’équilibre entre proximité et cadre professionnel.

Pendant plusieurs années, la direction de cette crèche a connu des périodes de tran­sition, avec plusieurs per­sonnes qui se sont succédé à ce poste, alors que l’équipe était restée très stable. L’ar­rivée de la nouvelle direc­trice a donc représenté un moment important pour re­donner un cadre plus clair au fonctionnement, ce qui a été globalement très bien accueilli. L’absence de di­rection stable pendant un temps a aussi conduit les parents à être très investis dans le fonctionnement quo­tidien. Cela avait l’avantage de les rendre pleinement ac­teurs de la vie de la crèche. En revanche, certaines ques­tions pédagogiques ont peut-être été moins explorées du­rant cette période, l’énergie étant surtout consacrée à faire fonctionner la struc­ture au quotidien. L’arrivée de la directrice a été très po­sitive de ce point de vue, car elle a permis de consolider l’organisation et d’apporter un cadre structurant.

Malgré ces différences, nous ne sommes pas dépaysés à Zig Zag, car il s’agit aussi d’une crèche associative avec un fonctionnement qui nous est familier. Par ailleurs, Mado est présente à Zig Zag depuis seulement quelques mois, tandis que ma pre­mière fille Ada est restée deux ans dans l’autre crèche. Le temps passé dans ce pre­mier lieu explique aussi sans doute le sentiment de grande proximité que nous avons pu y développer. De plus, j’étais moi-même très impliquée dans la crèche à l’époque, no­tamment au bureau la pre­mière année, ce qui m’y a fait passer beaucoup de temps. Avec un deuxième enfant, mon implication est naturel­lement un peu différente.

 

 

Philipp (papa de Darius et d’Emile) a expérimenté une crèche parentale.

J’étais dans une crèche pa­rentale, et ce n’est pas du tout le même engagement. Toutes les deux semaines, je passais 4 heures avec la di­rectrice pour garder les en­fants. Ce n’est pas la même approche. La crèche paren­tale accueillait deux groupes de huit enfants. Des profes­sionnelles gardaient les en­fants, et chaque couple de parent devait faire une per­manence de 4 heures avec les professionnelles par se­maine. Au début, l’idée de garder d’autres enfants me faisait peur comme j’appre­nais tout juste à m’occuper de mon propre enfant. Manièress’est avéré cool et cette expérience permet de voir comment fonctionnent les autres parents, de découvrir de nouvelles manières de faire. De plus, nous pouvions voir comment les choses se passent pour notre enfant à la crèche. A Zig Zag, on dé­pose son enfant, mais on ne voit pas ce qu’il fait, ce qui est un fonctionnement nor­mal. Je ne sais pas ce qu’il se passe, même si je vois que ça se passe bien. Passer 4 heures toutes les deux semaines donnent confiance dans ce qui se passe au sein de la crèche. Je pouvais voir comment les autres adultes s’occupent de mon enfant. J’ai aussi pu dé­velopper des relations avec les autres parents, puisque je m’occupais aussi de leur en­fant. Toutefois, ce n’est pas toujours évident de garder son propre enfant au sein de la crèche. C’est presque plus facile de garder les enfants des autres. Les parents ve­naient en renfort, mais des professionnelles étaient aus­si présentes.

Pour autant, je ne trouve pas une formule mieux que l’autre. En effet, la crèche parentale demande aussi beaucoup d’implication, de temps disponible, d’impli­cation mentale. Passer 4 heures dans la crèche puis al­ler travailler ensuite, c’était quelque chose ! Dans la crèche parentale, pour être disponible une demi-jour­née, les parents étaient sou­vent des intermittents du spectacle, des travailleurs freelances, etc. La crèche a aussi accepté des parents et leur enfant qui logeaient dans un hôtel social dans le cadre d’un accueil d’urgence et s’est montré flexible sur les conditions. En outre, à la garde s’ajoute aussi le tra­vail dans les commissions. Bérangère était trésorière, et s’occupait en réalité de la trésorerie, des subventions et de l’administration. Elle participait aux rendez-vous avec la CAF, la mairie, en­semble avec le Président, la Directrice (Responsable technique). Or, la Directrice faisait beaucoup de garde d’enfant, et peu de tâches administratives. Les parents étaient très impliqués et très surchargés.

De plus, dans la crèche pa­rentale, la première année, il faut faire à manger pour son enfant. Et la deuxième et troisième année, chaque couple de parents fait à man ger pendant une semaine, du jeudi au mercredi, pour les huit enfants, toutes les huit semaines. Il faut bien sûr respecter les règles de l’ANSES, faire attention à la manière de cuisiner, les outils, et surtout transporter le repas à la crèche en conservant la chaîne du froid. Or, nous étions à 30 minutes à pied. A Zig Zag, nous sommes très contents du travail de Maï, de Nathalie.

En réalité, Darius n’est resté que deux ans dans cette crèche parentale, car la troisième année, il est allé dans un jardin d’enfants allemand, qui ressemble plus à une crèche associative comme Zig Zag.

Pour notre deuxième enfant, nous avons choisi un autre type de crèche, parce que nous ne pouvons plus nous engager de la même manière. Nous connaissions déjà Zig Zag, car notre premier fils Darius avait déjà une place avant que nous déménagions à Paris. Nous avons donc recontacté Zig Zag. Nous avions très envie qu’il aille à Zig Zag.

Aujourd’hui, il y a une nette différence dans la charge de travail. De plus, nous habitons à cinq minutes à pied. Le seul bémol à Zig Zag est que je suis moins impliqué dans la crèche et que j’ai moins d’échanges avec les autres parents. Nous sommes très contents qu’Emile soit dans une structure un peu plus cadrée.

 

Clémentine (maman de Salo­mé et d’Alma) a expérimenté une crèche privée.

Nous avons demandé une place en crèche municipale, que nous n’avons pas obte­nue. Une amie qui travaille au Siège d’une chaîne de crèche privée nous a trouvé une place dans une crèche privée du secteur. Alma est entrée à la crèche à l’âge d’un an, et elle y est restée pen­dant un an et demi. L’expé­rience était plutôt positive, car la référente d’Alma était très chouette. La crèche ac­cueillait une vingtaine d’en­fants. Mais elle ne compor­tait qu’une seule pièce pour tous les enfants, et deux dortoirs. Tous les enfants étaient dans la même pièce. Aucun livre n’était sur place. Les enfants étaient livrés à eux-mêmes. Il y avait tout de même un jardin avec des vé­los, agréable quand il faisait beau. En revanche, aucune activité n’était proposée.

Quand j’ai fait l’adapta­tion d’Alma, je ressortais en larmes. Je ne voulais pas la laisser dans cette crèche. Dans une toute petite pièce, des enfants étaient en pseu­do-activité. La profession­nelle plaçait quatre cubes devant les enfants et les prenait en photo. Et là s’ar­rêtait l’activité. La profes­sionnelle postait les photos dans une appli à destination des parents, mais c’était une sorte de mise en scène. Même la lumière était hor­rible. En sortant de cette semaine, j’ai réfléchi et j’ai pensé que je ne pouvais pas m’arrêter de travailler, tout comme Thibault, le papa, ne pouvait pas le faire. Sa référente avait l’air tout de même chouette.

Pour Alma, je pense que ça s’est bien passé, parce qu’elle était appréciée des professionnelles, mais aussi parce que j’étais pistonnée, je pense. Très vite, je suis devenue la personne à qui on raconte des choses, pour que j’aille les raconter. Je comprends que la directrice était violente psychologique­ment, etc., et les profession­nelles venaient me parler. Je me suis rendu compte que les professionnelles étaient désœuvrées. Il n’y avait pas de projet pédagogique, mais personne n’en portait un. Elles étaient déjà bien cou­rageuses de venir. La crèche connaissait énormément d’absentéisme. La crèche était parfois fermée pen­dant plusieurs jours, du fait de ces absences. Des rempla­çants, inconnus des parents, venaient parfois.

La crèche privée pratiquait Crècheslib à fond. Il s’agit d’une plateforme qui per­met de trouver une place en crèche pour la journée. Dès qu’une place était libre, elle était proposée à la plate­forme. Les parents qui ont besoin d’une solution tem­poraire, amène leur enfant, qui ne connaît pas les pro­fessionnelles, et qui ne béné­ficie pas d’une adaptation. Ça peut effectivement dé­panner des parents qui ont ce besoin. Pour les profes­sionnelles, cela représente du travail supplémentaire, parce qu’elles s’occupent des enfants habituels et tous les enfants qui viennent en plus. Les parents paient 70-80 euros la journée.

Pour ma part, j’avais un contrat sécurisé, car il était cofinancé par mon entre­prise. Mais les parents qui ne bénéficient pas d’un contrat sécurisé, peuvent perdre la place de leur enfant dès l’ar­rivée d’un enfant dont les pa­rents ont un cofinancement d’entreprise. Ces parents doivent quitter la crèche dans un délai de trois mois.

Ainsi, la crèche était assez souvent fermée. De même, j’étais parfois sur le trajet pour aller à la crèche, et en cours de route, je reçois un appel qui me prévient que la crèche n’ouvrira qu’à 11 heures, du fait de l’absence de professionnelles. En réali­té, elles étaient maltraitées, et elles ne venaient pas tra­vailler.

Il fallait aussi badger le ma­tin et le soir. Je recevais des e-mails m’avertissant que je serais facturée toute la jour­née si j’oubliais de badger. Néanmoins, le système ne fonctionnait pas toujours.

C’est le jour et la nuit entre les deux crèches. Nous étions plusieurs parents à partir en même temps. Dès que nous pouvions partir, nous le fai­sions. Les autres qui restaient se disaient immédiatement « quelle chance ils ont ».

 

 

Oumelkheir (maman de No­ham et d’Ilyas) a expérimen­té une crèche municipale.

Mon fils Noham a fréquenté une crèche municipale pen­dant une année, de ses deux ans à ses trois ans. Les locaux étaient très bien, très bien équipés. Il a bénéficié d’une référente, sympathique. Ce qui m’a plu est qu’on sent que ce sont des profession nelles. Elles ont l’habitude, elles sont rodées, ça tourne. Sur l’aspect professionnel, je n’avais pas peur. La directrice était très présente. Les professionnelles, étant donné que c’est une crèche municipale, elles étaient là depuis des années. En revanche, c’est très impersonnel. C’est un peu l’usine. Je crois que la crèche accueillait 60 enfants. Ils étaient toutefois répartis dans les étages. C’était un peu l’usine, avec beaucoup de roulements. Ce que je n’ai pas aimé est le fonctionnement très impersonnel. Mon enfant était considéré comme un numéro. Il n’y avait pas d’attachement, pas de liens qui se créent. Les professionnelles travaillaient de manière mécanique. Je comprends leur attitude, étant donné le nombre d’enfants. Mais il n’y avait pas cette volonté de créer un lien.

Or, l’enfant n’était pas sécurisé. Noham n’était pas du tout sécurisé. Je savais qu’elles s’occupaient bien de lui, que les premiers soins étaient prodigués. Noham n’était cependant pas dans un cadre sécurisant. Quand son papa l’accompagnait le matin, je voyais qu’il n’y avait pas d’engouement à aller à la crèche. Et le soir, il pleurait tout le temps. En réalité, beaucoup d’enfants pleuraient en fin de journée.

J’étais toujours étonnée de voir tous les soirs les enfants alignés, en train de pleurer et d’attendre impatiemment leurs parents. Cette scène était surtout en hiver. En effet, comme la crèche était bien équipée, elle disposait d’un extérieur, d’énormément de jeux. Les enfants avaient de quoi s’occuper toute la journée.

Pour Ilyas, nous avions déménagé en face de La Noue. J’ai vraiment recherché un lieu d’accueil et j’ai vu Zig Zag et ça m’a plu. J’ai accroché avec la directrice, l’équipe, et j’ai trouvé les locaux excellents. Ilyas est rentré à la crèche à sept mois, et et vu son jeune âge, j’avais peur que l’accompagnement en municipale ne soit pas optimal. A cet âge, ils ont vraiment besoin d’un cadre sécurisant. Et de mon côté, j’avais besoin de transmissions précises. Chez Zig Zag, l’équipe dispose d’un cadre plus conforme aux besoins de l’enfant.


 
 
 

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