TÉMOIGNAGES : RECITS DE CRÊCHE
- Zig-Mag
- 20 juin
- 8 min de lecture

Le Zig Mag a questionné les parents sur leur expérience précédente dans d’autres types de crèche et sur leur étonnement quant au fonctionnement d’une crèche associative à gestion parentale.
ZM : Lucile (maman d’Ada et de Mado) a expérimenté une autre crèche associative pour sa première fille.
La crèche où était gardée ma première fille accueillait les enfants à partir d’un an. Or, pour des raisons professionnelles, nous ne pouvions pas garder Mado à la maison jusque-là. Nous avons donc préféré ne pas passer par une solution intermédiaire afin d’éviter trop de changements pour elle. Connaissant déjà Zig Zag, son arrivée dans la crèche s’est faite naturellement.
L’autre crèche avait un côté très familial, avec une proximité assez forte entre l’équipe professionnelle et les parents. Les relations étaient très imbriquées et la participation des parents très importante. Chez Zig Zag, les rôles entre les professionnelles, l’équipe de direction et les parents sont davantage structurés, ce qui crée un cadre un peu plus distinct. Ces deux fonctionnements ont chacun leurs qualités.
Dans la première crèche, la relation avec les enfants pouvait parfois être très proche et très investie affectivement, ce qui participait aussi à l’ambiance chaleureuse du lieu. L’arrivée d’une nouvelle directrice en cours d’année a permis d’ouvrir davantage de discussions autour des pratiques pédagogiques et de réfléchir à l’équilibre entre proximité et cadre professionnel.
Pendant plusieurs années, la direction de cette crèche a connu des périodes de transition, avec plusieurs personnes qui se sont succédé à ce poste, alors que l’équipe était restée très stable. L’arrivée de la nouvelle directrice a donc représenté un moment important pour redonner un cadre plus clair au fonctionnement, ce qui a été globalement très bien accueilli. L’absence de direction stable pendant un temps a aussi conduit les parents à être très investis dans le fonctionnement quotidien. Cela avait l’avantage de les rendre pleinement acteurs de la vie de la crèche. En revanche, certaines questions pédagogiques ont peut-être été moins explorées durant cette période, l’énergie étant surtout consacrée à faire fonctionner la structure au quotidien. L’arrivée de la directrice a été très positive de ce point de vue, car elle a permis de consolider l’organisation et d’apporter un cadre structurant.
Malgré ces différences, nous ne sommes pas dépaysés à Zig Zag, car il s’agit aussi d’une crèche associative avec un fonctionnement qui nous est familier. Par ailleurs, Mado est présente à Zig Zag depuis seulement quelques mois, tandis que ma première fille Ada est restée deux ans dans l’autre crèche. Le temps passé dans ce premier lieu explique aussi sans doute le sentiment de grande proximité que nous avons pu y développer. De plus, j’étais moi-même très impliquée dans la crèche à l’époque, notamment au bureau la première année, ce qui m’y a fait passer beaucoup de temps. Avec un deuxième enfant, mon implication est naturellement un peu différente.
Philipp (papa de Darius et d’Emile) a expérimenté une crèche parentale.
J’étais dans une crèche parentale, et ce n’est pas du tout le même engagement. Toutes les deux semaines, je passais 4 heures avec la directrice pour garder les enfants. Ce n’est pas la même approche. La crèche parentale accueillait deux groupes de huit enfants. Des professionnelles gardaient les enfants, et chaque couple de parent devait faire une permanence de 4 heures avec les professionnelles par semaine. Au début, l’idée de garder d’autres enfants me faisait peur comme j’apprenais tout juste à m’occuper de mon propre enfant. Manièress’est avéré cool et cette expérience permet de voir comment fonctionnent les autres parents, de découvrir de nouvelles manières de faire. De plus, nous pouvions voir comment les choses se passent pour notre enfant à la crèche. A Zig Zag, on dépose son enfant, mais on ne voit pas ce qu’il fait, ce qui est un fonctionnement normal. Je ne sais pas ce qu’il se passe, même si je vois que ça se passe bien. Passer 4 heures toutes les deux semaines donnent confiance dans ce qui se passe au sein de la crèche. Je pouvais voir comment les autres adultes s’occupent de mon enfant. J’ai aussi pu développer des relations avec les autres parents, puisque je m’occupais aussi de leur enfant. Toutefois, ce n’est pas toujours évident de garder son propre enfant au sein de la crèche. C’est presque plus facile de garder les enfants des autres. Les parents venaient en renfort, mais des professionnelles étaient aussi présentes.
Pour autant, je ne trouve pas une formule mieux que l’autre. En effet, la crèche parentale demande aussi beaucoup d’implication, de temps disponible, d’implication mentale. Passer 4 heures dans la crèche puis aller travailler ensuite, c’était quelque chose ! Dans la crèche parentale, pour être disponible une demi-journée, les parents étaient souvent des intermittents du spectacle, des travailleurs freelances, etc. La crèche a aussi accepté des parents et leur enfant qui logeaient dans un hôtel social dans le cadre d’un accueil d’urgence et s’est montré flexible sur les conditions. En outre, à la garde s’ajoute aussi le travail dans les commissions. Bérangère était trésorière, et s’occupait en réalité de la trésorerie, des subventions et de l’administration. Elle participait aux rendez-vous avec la CAF, la mairie, ensemble avec le Président, la Directrice (Responsable technique). Or, la Directrice faisait beaucoup de garde d’enfant, et peu de tâches administratives. Les parents étaient très impliqués et très surchargés.
De plus, dans la crèche parentale, la première année, il faut faire à manger pour son enfant. Et la deuxième et troisième année, chaque couple de parents fait à man ger pendant une semaine, du jeudi au mercredi, pour les huit enfants, toutes les huit semaines. Il faut bien sûr respecter les règles de l’ANSES, faire attention à la manière de cuisiner, les outils, et surtout transporter le repas à la crèche en conservant la chaîne du froid. Or, nous étions à 30 minutes à pied. A Zig Zag, nous sommes très contents du travail de Maï, de Nathalie.
En réalité, Darius n’est resté que deux ans dans cette crèche parentale, car la troisième année, il est allé dans un jardin d’enfants allemand, qui ressemble plus à une crèche associative comme Zig Zag.
Pour notre deuxième enfant, nous avons choisi un autre type de crèche, parce que nous ne pouvons plus nous engager de la même manière. Nous connaissions déjà Zig Zag, car notre premier fils Darius avait déjà une place avant que nous déménagions à Paris. Nous avons donc recontacté Zig Zag. Nous avions très envie qu’il aille à Zig Zag.
Aujourd’hui, il y a une nette différence dans la charge de travail. De plus, nous habitons à cinq minutes à pied. Le seul bémol à Zig Zag est que je suis moins impliqué dans la crèche et que j’ai moins d’échanges avec les autres parents. Nous sommes très contents qu’Emile soit dans une structure un peu plus cadrée.
Clémentine (maman de Salomé et d’Alma) a expérimenté une crèche privée.
Nous avons demandé une place en crèche municipale, que nous n’avons pas obtenue. Une amie qui travaille au Siège d’une chaîne de crèche privée nous a trouvé une place dans une crèche privée du secteur. Alma est entrée à la crèche à l’âge d’un an, et elle y est restée pendant un an et demi. L’expérience était plutôt positive, car la référente d’Alma était très chouette. La crèche accueillait une vingtaine d’enfants. Mais elle ne comportait qu’une seule pièce pour tous les enfants, et deux dortoirs. Tous les enfants étaient dans la même pièce. Aucun livre n’était sur place. Les enfants étaient livrés à eux-mêmes. Il y avait tout de même un jardin avec des vélos, agréable quand il faisait beau. En revanche, aucune activité n’était proposée.
Quand j’ai fait l’adaptation d’Alma, je ressortais en larmes. Je ne voulais pas la laisser dans cette crèche. Dans une toute petite pièce, des enfants étaient en pseudo-activité. La professionnelle plaçait quatre cubes devant les enfants et les prenait en photo. Et là s’arrêtait l’activité. La professionnelle postait les photos dans une appli à destination des parents, mais c’était une sorte de mise en scène. Même la lumière était horrible. En sortant de cette semaine, j’ai réfléchi et j’ai pensé que je ne pouvais pas m’arrêter de travailler, tout comme Thibault, le papa, ne pouvait pas le faire. Sa référente avait l’air tout de même chouette.
Pour Alma, je pense que ça s’est bien passé, parce qu’elle était appréciée des professionnelles, mais aussi parce que j’étais pistonnée, je pense. Très vite, je suis devenue la personne à qui on raconte des choses, pour que j’aille les raconter. Je comprends que la directrice était violente psychologiquement, etc., et les professionnelles venaient me parler. Je me suis rendu compte que les professionnelles étaient désœuvrées. Il n’y avait pas de projet pédagogique, mais personne n’en portait un. Elles étaient déjà bien courageuses de venir. La crèche connaissait énormément d’absentéisme. La crèche était parfois fermée pendant plusieurs jours, du fait de ces absences. Des remplaçants, inconnus des parents, venaient parfois.
La crèche privée pratiquait Crècheslib à fond. Il s’agit d’une plateforme qui permet de trouver une place en crèche pour la journée. Dès qu’une place était libre, elle était proposée à la plateforme. Les parents qui ont besoin d’une solution temporaire, amène leur enfant, qui ne connaît pas les professionnelles, et qui ne bénéficie pas d’une adaptation. Ça peut effectivement dépanner des parents qui ont ce besoin. Pour les professionnelles, cela représente du travail supplémentaire, parce qu’elles s’occupent des enfants habituels et tous les enfants qui viennent en plus. Les parents paient 70-80 euros la journée.
Pour ma part, j’avais un contrat sécurisé, car il était cofinancé par mon entreprise. Mais les parents qui ne bénéficient pas d’un contrat sécurisé, peuvent perdre la place de leur enfant dès l’arrivée d’un enfant dont les parents ont un cofinancement d’entreprise. Ces parents doivent quitter la crèche dans un délai de trois mois.
Ainsi, la crèche était assez souvent fermée. De même, j’étais parfois sur le trajet pour aller à la crèche, et en cours de route, je reçois un appel qui me prévient que la crèche n’ouvrira qu’à 11 heures, du fait de l’absence de professionnelles. En réalité, elles étaient maltraitées, et elles ne venaient pas travailler.
Il fallait aussi badger le matin et le soir. Je recevais des e-mails m’avertissant que je serais facturée toute la journée si j’oubliais de badger. Néanmoins, le système ne fonctionnait pas toujours.
C’est le jour et la nuit entre les deux crèches. Nous étions plusieurs parents à partir en même temps. Dès que nous pouvions partir, nous le faisions. Les autres qui restaient se disaient immédiatement « quelle chance ils ont ».
Oumelkheir (maman de Noham et d’Ilyas) a expérimenté une crèche municipale.
Mon fils Noham a fréquenté une crèche municipale pendant une année, de ses deux ans à ses trois ans. Les locaux étaient très bien, très bien équipés. Il a bénéficié d’une référente, sympathique. Ce qui m’a plu est qu’on sent que ce sont des profession nelles. Elles ont l’habitude, elles sont rodées, ça tourne. Sur l’aspect professionnel, je n’avais pas peur. La directrice était très présente. Les professionnelles, étant donné que c’est une crèche municipale, elles étaient là depuis des années. En revanche, c’est très impersonnel. C’est un peu l’usine. Je crois que la crèche accueillait 60 enfants. Ils étaient toutefois répartis dans les étages. C’était un peu l’usine, avec beaucoup de roulements. Ce que je n’ai pas aimé est le fonctionnement très impersonnel. Mon enfant était considéré comme un numéro. Il n’y avait pas d’attachement, pas de liens qui se créent. Les professionnelles travaillaient de manière mécanique. Je comprends leur attitude, étant donné le nombre d’enfants. Mais il n’y avait pas cette volonté de créer un lien.
Or, l’enfant n’était pas sécurisé. Noham n’était pas du tout sécurisé. Je savais qu’elles s’occupaient bien de lui, que les premiers soins étaient prodigués. Noham n’était cependant pas dans un cadre sécurisant. Quand son papa l’accompagnait le matin, je voyais qu’il n’y avait pas d’engouement à aller à la crèche. Et le soir, il pleurait tout le temps. En réalité, beaucoup d’enfants pleuraient en fin de journée.
J’étais toujours étonnée de voir tous les soirs les enfants alignés, en train de pleurer et d’attendre impatiemment leurs parents. Cette scène était surtout en hiver. En effet, comme la crèche était bien équipée, elle disposait d’un extérieur, d’énormément de jeux. Les enfants avaient de quoi s’occuper toute la journée.
Pour Ilyas, nous avions déménagé en face de La Noue. J’ai vraiment recherché un lieu d’accueil et j’ai vu Zig Zag et ça m’a plu. J’ai accroché avec la directrice, l’équipe, et j’ai trouvé les locaux excellents. Ilyas est rentré à la crèche à sept mois, et et vu son jeune âge, j’avais peur que l’accompagnement en municipale ne soit pas optimal. A cet âge, ils ont vraiment besoin d’un cadre sécurisant. Et de mon côté, j’avais besoin de transmissions précises. Chez Zig Zag, l’équipe dispose d’un cadre plus conforme aux besoins de l’enfant.





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