PORTRAIT DE PRO : FATIMA ET BANI
- Zig-Mag
- 20 juin
- 5 min de lecture

« Être référente, c'est suivre un groupe d'enfants »
Bani et Fatima se sont occupées cette année du groupe des moyens et forment un binôme depuis septembre 2024. Elles nous parlent de leur métier, du rôle de référente et de ce qui fait la force d'une co-éducation réussie.
ZM : Quels sont vos parcours respectifs avant d'entrer à Zig Zag ?
Bani : J'ai commencé dans un tout autre domaine, la vente, puis j'ai suivi une formation d'accompagnant éducatif et social, dans le but d'accompagner des enfants en situation de handicap, des enfants autistes notamment. J'ai travaillé dans des écoles en tant qu'AESH, accompagnant des élèves en situation de handicap.
Après la naissance de mon dernier enfant, j'ai eu envie d'essayer en crèche. J'ai d'abord travaillé aux Bambins de la Noue, avant de rejoindre Zig Zag en janvier 2024.
ZM : Et toi, Fatima ?
Fatima : Moi, j'ai débuté ma carrière dans un salon de coiffure. Puis je suis devenue maman de trois enfants, et je m'y suis consacrée à plein temps.
J'ai toujours aimé m'occuper des enfants. Plus jeune, je faisais du baby-sitting au Maroc, et l'idée de travailler en crèche a toujours été dans un coin de ma tête. La naissance de mon dernier a été le déclic. Je participais souvent aux ateliers de sa crèche, et un jour, la directrice m'a proposé un stage de découverte du métier. C'était en décembre 2022, et j'ai adoré. J'ai passé mon CAP dans la foulée, et je suis encore là !
ZM : Vous travaillez donc ensemble en binôme ?
Bani : Oui, depuis la rentrée de septembre 2024.
ZM : Qu'est-ce qui fait que votre binôme fonctionne ?
Bani : Dès le début, le feeling est passé entre nous. Nathalie l'a remarqué et c'est elle qui nous a suggéré de commencer ensemble chez les petits en septembre 2024.
Fatima : Oui, on se comprend. Si l'une est en difficulté, l'autre est là, et vice versa. Sans avoir besoin de se demander quoi que ce soit. Si Bani voit que je ne suis pas bien un jour, que j'ai mal au dos par exemple, elle va s'occuper du change des enfants dont je suis référente. Et pour moi, c'est pareil.
Bani : Chez les petits, on a vite compris comment chacune fonctionnait, comment s'entraider, se soutenir. On travaille dans la complémentarité. C'est très naturel entre nous.
Fatima : C'est une chance que ça fonctionne aussi simplement. C'est ça, le sens d'une équipe — et c'est aussi important pour les enfants que pour nous.
ZM : Vous êtes chacune référente de certains enfants. En quoi consiste ce rôle exactement ?
Bani : C'est à Zig Zag que j'ai vraiment compris l'importance de la référence. Être référente, c'est suivre un groupe d'enfants, leur évolution.
Fatima : On devient vraiment proches des enfants dont on a la référence. On suit tout le groupe, bien sûr, mais les enfants dont je suis référente, je les observe encore plus attentivement. C'est une attention plus approfondie.
ZM : Les enfants dont vous avez la référence viennent-ils plutôt vers vous quand ils ont un besoin particulier ?
Fatima : Exactement. L'enfant se repère pendant son adaptation. Et très souvent, s'il a quelque chose, s'il a mal, s'il a besoin d'être consolé, il vient vers sa référente. Pourtant, on ne leur a jamais expliqué ce concept — ils sont trop petits. Mais ils le savent, ils comprennent que c'est la personne qui les a accueillis depuis le début. Il y a une relation qui se crée, un lien.
« La confiance ça s'apprend ensemble »
ZM : Quelles sont les tâches spécifiques d'une référente ?
Bani : Le change, le repas et le sommeil. On s'occupe en priorité des enfants dont on a la référence à ces moments-là.
ZM : Pour cette deuxième année avec votre groupe, arrivez-vous à mieux anticiper leurs réactions ?
Fatima : Comme on les connaît bien, on sait tout de suite quand quelque chose ne va pas. On connaît leur rythme de sommeil, leur façon de jouer, leur façon de manger, ce qu'ils aiment, ce qu'ils n'aiment pas. On repère vite les signes de fatigue chez chacun.
ZM : En les suivant depuis qu'ils sont bébés, en les voyant grandir, on peut dire que vous participez à leur éducation ?
Bani : Les enfants sont avec nous une grande partie du temps. Les parents sont les premiers éducateurs, mais nous participons aussi, d'une façon ou d'une autre, à leur éducation.
ZM : Une sorte de collaboration avec les parents s'installe au fil du temps ?
Bani : Oui, et ça commence par la confiance que les parents vous accordent. Elle se met en place progressivement et elle est essentielle pour avancer ensemble. Ce n'est pas toujours simple, parce que chacun a ses habitudes. Au début, c'est un peu déroutant, mais petit à petit, on apprend à connaître les parents — et les enfants. La confiance s'installe et on devient plus à l'aise.
Fatima : Sans la confiance, on se freine, on fait attention à chaque mot, ça peut nous bloquer. Avec la confiance, ça devient spontané. J'ai connu des années précédentes des difficultés avec certains parents — je marchais sur des œufs, ce n'était pas agréable. La co-éducation n'est plus possible dans ces conditions. Cela dit, ça ne m'est arrivé qu'avec une ou deux familles.
ZM : Des moments d'échange sont organisés régulièrement. En quoi sont-ils utiles ?
Bani : Ces moments nous permettent d'échanger avec les parents sur le déroulement des journées et l'évolution des enfants, en fonction de leur âge.
Fatima : Et les parents nous parlent aussi de leur enfant. C'est comme ça que fonctionne la co-éducation.
ZM : Cet échange avec les parents, est-il important pour vous ?
Bani : Oui, bien sûr. Avoir des informations sur l'enfant, sur son fonctionnement à la maison, nous permet de mieux nous adapter à chacun.
ZM : Quelques exemples de sujets abordés lors de ces réunions ?
Bani : Lors de la dernière réunion, on a parlé de l'évolution des enfants, notamment de ceux qui iront à l'école l'année prochaine. On a expliqué aux parents notre choix de les intégrer davantage avec les grands, en particulier dans les activités, pour mieux les préparer. On a aussi parlé de la propreté.
Fatima : On a évoqué toutes les activités proposées à la crèche. C'est intéressant pour les parents, parce qu'ils connaissent globalement le programme d'une journée, mais rarement dans le détail.
ZM : Si vous deviez résumer ce qui fait la force d'une co-éducation ?
Bani : La confiance, avant tout. C'est ce qui permet de communiquer, de collaborer, d'avancer ensemble.
Fatima : Dans l'ensemble, à Zig Zag, la confiance règne. Il y a une entente générale entre les professionnelles et les parents, et c'est ce qui fait la force et la beauté de cette crèche.





Commentaires